Une meilleure lecture sur mobile Application Le Palais de la longévité : recherche, signets, synthèse vocale, lecture hors ligne
Thème
Taille du texte 18
Le Palais de la Longévité

Acte 1 : Prologue

Chapitre 1

Scène 1 – Prologue général

(Sur l’air de « Man Jiang Hong », introduction du mode NANLÜ)

— [Le Rôle secondaire, en entrant] — Depuis les temps anciens jusqu’à nos jours, dans le royaume des passions amoureuses, demandons : qui peut aller jusqu’au bout d’un cœur sincère ? Pourvu que la sincérité véritable ne se disperse point, on finit toujours par s’unir comme deux branches d’un même arbre. À quoi bon craindre la distance entre nord et sud, quand deux cœurs sincères ne font point de différence entre vie et mort ? Il est risible de voir les humains, hommes et femmes, toujours se plaindre d’une faible prédestination : ce n’est que manque de sentiment. Le sentiment peut émouvoir le métal et la pierre, bouleverser le ciel et la terre. Il brille aussi clair que le soleil, et laisse un nom dans l’histoire. Voyez les ministres fidèles, les fils pieux : tout vient du sentiment. Le saint Confucius lui-même n’a point retranché les « Odes de Zheng » ni celles de Wei. Nous autres, prenant leur sens profond, les convertissons en notes de musique, des tons gong, shang, jiao, zhi. En m’inspirant du « Récit extérieur de la Princesse Taizhen », j’ai composé des paroles nouvelles : il n’est question que d’un seul mot, le « sentiment ».

(Sur l’air de « Qin Yuan Chun », mode lent du ZHONGLÜ)

Sous l’ère Tianbao, l’empereur Minghuang des Tang, et sa consort Yang Yuhuan : leur destinée antérieure leur octroya le temps propice. Depuis qu’au bain de Huaqing elle reçut la faveur, et goûta pour la première fois les grâces impériales ; au Pavillon de la Longue Vie, elle implora l’aiguille du septième soir, scellant pour toujours un serment sous les parfums. La danse merveilleuse à peine achevée, le chant clair n’avait pas cessé, quand les tambours de guerre retentirent depuis Fanyang. Au relais de Mawei, les six armées refusèrent d’avancer, et l’on perdit la beauté au visage vermeil. La tournée à l’ouest, jusqu’à Sichuan, fut une triste aventure, hélas ! Entre le monde souterrain et la terre des vivants, tout demeurait vague et lointain. Heureusement, l’âme errante se repentit de ses fautes, et fut inscrite au registre des immortels. Au retour du cortège, on changea la sépulture : il ne restait qu’un sachet parfumé. On confirma le pacte de la Tisserande céleste ; le sentiment parvint au messager immortel, et la boîte de nacre ainsi que les épingles d’or furent renvoyées. Dans le palais de la Lune, ils se retrouvèrent. L’ancienne histoire de la « Robe de Plumes Arc-en-Ciel » circule désormais dans les salles des chanteurs.

L’empereur Minghuang se réjouissait du festin des « Robes de Plumes » ;

La consort Yang vit son âme brisée par le tumulte de Fanyang.

Le voyageur de Hongdu la conduisit à la rencontre au Palais de la Grande Froidure ;

L’étoile de la Tisserande scella leur serment au Pavillon de la Longue Vie.