Le Livre de la Vertu
Cinquante-huitième chapitre
Chapitre 21
Lorsque les dirigeants gouvernent avec indulgence, le peuple devient simple et honnête ; lorsque les dirigeants gouvernent avec sévérité, le peuple devient rusé et retors. Le malheur, c’est sur lui que s’appuie le bonheur ; le bonheur, c’est en lui que se tapit le malheur. Qui peut connaître leur terme ultime ? Il n’existe pas de norme fixe. Ce qui est normal se transforme en étrange, ce qui est vertueux se mue en perversité. L’égarement des hommes dure depuis bien longtemps. C’est pourquoi le sage est intègre sans blesser, tranchant sans percer, droit sans être excessif, lumineux sans éblouir.
