La montagne a des pivots
Préface : « Les montagnes ont des ormes » est un poème satirique visant le duc Zhao de Jin. Le duc Zhao ne put cultiver la vertu pour redresser l’État ; bien qu’il possédât richesses, il ne sut les employer ; il avait cloches et tambours, mais ne sut s’en réjouir ; il avait une cour, mais ne la balaya ni ne l’entretint. Les affaires politiques se dégradèrent, le peuple se dispersa, et l’État fut sur le point de périr. Les quatre royaumes voisins complotèrent pour s’emparer de son pays sans qu’il en eût conscience ; aussi les gens du pays composèrent ce poème pour le railler.
Sur la montagne pousse l’orme, dans le creux pousse l’orme à feuilles de charmille. Tu as des vêtements, mais ne les portes ni ne les revêts. Tu as chars et chevaux, mais ne les attelles ni ne les conduis. Quand soudain tu mourras, d’autres en jouiront.
Sur la montagne pousse le chêne, dans le creux pousse le tilleul. Tu as cours et chambres intérieures, mais ne les balaies ni ne les nettoies. Tu as cloches et tambours, mais ne les frappes ni ne les frappes. Quand soudain tu mourras, d’autres les posséderont.
Sur la montagne pousse le laquier, dans le creux pousse le châtaignier. Tu as vin excellent et mets raffinés, pourquoi chaque jour ne joues-tu pas de la cithare ? Amuse-toi un moment, passe le temps un instant. Quand soudain tu mourras, d’autres entreront dans ta demeure.
« Les montagnes ont des ormes » comprend trois strophes, chaque strophe de huit vers.
