La Corbeille
La petite préface de ce poème « Juan’er » dit : « Juan’er » exprime l’aspiration de l’impératrice. L’impératrice doit assister le souverain, rechercher les hommes de talent, examiner les officiers, et connaître les labeurs et les peines des sujets. Elle a au cœur le désir de recommander des hommes de talent, sans intention perfide ou partiale, ni pensée de sollicitation privée ; du matin au soir elle y songe, jusqu’à en être accablée de soucis et de fatigue.
Je cueille et cueille l’herbe aux oreilles, mais jamais je n’emplis la corbeille peu profonde. Hélas ! je pense à celui qui est parti au loin, et je pose la corbeille au bord du chemin.
Je gravis la montagne escarpée et élevée ; mon cheval est épuisé et ses jambes fléchissent. Je remplis à la hâte le vase de bronze, pour ne pas, par de longs souvenirs, m’attrister.
Je gravis la haute colline ; mon cheval est malade, son poil jauni. Je remplis à la hâte la coupe de corne de rhinocéros, pour ne pas, par de longs chagrins, m’affliger.
Je gravis la montagne rocailleuse et rude ; mon cheval s’est abattu, mon serviteur est épuisé de fatigue. Cette tristesse, quand donc finira-t-elle ?
« Juan’er » comprend quatre strophes, chaque strophe de quatre vers.
