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Trois Cents Poèmes

Sous la pluie, dans mon bureau de la commanderie, je festoie avec les lettrés (Wei Yingwu, Sous la pluie, dans mon bureau de la commanderie, je festoie avec les lettrés)

Chapitre 23

Les gardes en armure, lances dressées, se tiennent en rang solennel ; dans la chambre intérieure flotte un parfum subtil. Le vent et la pluie venus de la mer s’abattent, apportant fraîcheur près des pavillons et des étangs. L’ennui et la maladie commencent à se dissiper, et voilà que la salle est remplie d’hôtes vénérables. J’ai honte que ma demeure soit trop somptueuse, alors que je ne vois point le bien-être du peuple. Qui comprend la raison sait écarter le juste et le faux ; qui a l’esprit large oublie les apparences. Nous sommes en la saison où l’on s’abstient de chair ; fruits et légumes ont l’honneur d’être goûtés par vous. Je penche le corps pour boire une coupe de vin, puis lève la tête pour écouter des chants aussi précieux que le jade et l’or. L’esprit joyeux rend le corps léger ; le cœur voudrait chevaucher le vent. Dans la région de Wuzhong, les lettres et l’histoire prospèrent ; tant de sages aujourd’hui affluent comme une mer immense. Je comprends alors qu’une grande préfecture ne se vante pas seulement de ses richesses et de ses impôts.