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Trois Cents Poèmes

Douleur au bord de la rivière

Chapitre 95

Le vieillard rustique de Shaoling (tombeau de l'empereur Han Xuandi à Duling, et celui de l'impératrice Xu au jardin du Sud, appelé le Petit Tertre ; les générations suivantes l'ont nommé Shaoling, où demeurait Du Fu) pleure en ravalant sa colère, et, au printemps, marche furtivement au détour de la Rivière Courbe. Les mille portes des palais au bord de la Rivière Courbe sont verrouillées ; pour qui donc les saules fins et les roseaux nouveaux verdissent-ils ? Je me souviens du temps passé où les bannières arc-en-ciel descendaient au Parc du Sud, et toutes choses dans le parc resplendissaient. La favorite suprême du Palai de Zhaoyang, assise dans le même char que l'empereur, accompagnait le souverain. Devant le char, les belles dames portaient arcs et flèches ; des chevaux blancs mordaient des mors en or. Elle se tourna vers le ciel, tira une flèche dans les nuages, et d'un seul trait atteignit deux oiseaux volant de conserve. Où sont aujourd'hui ses yeux brillants et ses dents de jade ? Son âme errante, souillée de sang, ne peut revenir. Les eaux claires de la Wei coulent vers l'est ; le col des Épées est profond et lointain ; ceux qui partent et ceux qui restent n'ont aucune nouvelle l'un de l'autre. La vie humaine a de la tendresse, les larmes mouillent la poitrine ; les eaux du fleuve et les fleurs du rivage auront-elles jamais une fin ? Au crépuscule, les cavaliers barbares soulèvent la poussière dans toute la ville ; je veux aller au sud de la cité, mais j'oublie la direction du sud (une variante dit : "je regarde vers le nord de la cité").