
Siun-tseu
« Xunzi » est un recueil des œuvres de Xun Kuang (Xunzi), figure majeure du confucianisme à la fin de la période des Royaumes combattants, et constitue un développement important de la pensée confucianiste pré-impériale. Xunzi occupa à trois reprises la plus haute dignité académique à l'Académie de Jixia, avant d'exercer la charge de magistrat de Lanling. Sa doctrine est célèbre pour sa « théorie de la nature humaine mauvaise », qui s'oppose à la « nature humaine bonne » de Mencius, et insiste sur le rôle déterminant des rites, de l'éducation morale et de la culture acquise dans la formation de la personnalité.
L'ouvrage, qui compte trente-deux chapitres, tous conservés jusqu'à nos jours, expose systématiquement des idées telles que la distinction entre le Ciel et l'homme, la valorisation des rites et du droit, la rectification des noms, et la dissipation des préjugés. Xunzi affirme que « la nature humaine est mauvaise, et que ce qui est bon en elle est artificiel », d'où la nécessité de corriger la nature par les rites et le droit, et de transformer la nature par l'artifice. Sur le plan politique, il prône la valorisation des rites et du droit, l'honneur accordé aux sages et l'emploi des compétents, fusionnant l'idéal moral confucéen avec les conceptions institutionnelles légistes, ce qui exerça une influence profonde sur les études classiques et la pratique politique des Han. Ses disciples Han Fei et Li Si sont tous deux issus de son école, ce qui témoigne de l'impact profond de sa pensée sur le légisme.
Le style littéraire des « Xunzi » est vaste et ouvert, faisant un usage habile des métaphores et des parallélismes. On y trouve aussi bien des chapitres philosophiques célèbres comme « L'Exhortation à l'étude », « Discours sur le Ciel », et « Discours sur la rectitude », que des œuvres littéraires telles que le « Chapitre des poèmes lyriques ». Parmi les citations célèbres, « Le bleu est extrait de l'indigo, mais est plus bleu que l'indigo », ou encore « Sans accumuler les pas, on ne peut atteindre les mille lieues », sont devenues des maximes d'encouragement de la culture chinoise.
En tant que maillon clé de la transition de la pensée confucéenne de l'époque pré-impériale à la dynastie Han, les « Xunzi » révèlent la réflexion profonde du confucianisme face à la politique réelle et à la complexité de la nature humaine. Lire cet ouvrage permet de comprendre plus complètement les débats multiples de la Chine ancienne sur l'éducation, les rites et le droit, la nature humaine, et la gouvernance de l'État.
